HUMANITE NS

Je suis l’immigré qui vient vous demander un abri,

Je suis un émigré et non pas un homme qui s’immisce,

Mais un Homme en apnée aspirant à retrouver un souffle de vie.

Je suis un être au cœur enseveli  par les décombres de l’inhumanité,

Je suis un philanthrope qui n’a plus le temps de s’insurger,

Et je me débats à la face de vos âmes engourdies.

Pendant que …

Nous,  les mijaurées abasourdies,  effrayées par des frères en sursis !

Humains androïdes, gouvernés par des marionnettes toxiques incapables de voir,

Par des créatures d’états, reines de l’entourloupe, et des mesures inouïes !

Par des cerveaux  hébétés par la soif de pouvoir devenue leur seule rage ! … Oh désespoir !

Et toi…

Toi, l’enfant qui se meure, sous les ruines de sa torpeur impénétrable,

Toi, l’enfant qui n’a plus de larmes, et qui troc sa peluche pour une arme,

Toi, l’enfant, peut-être un survivant ? Condamné à des blessures inconsolables...

 Puis ce monde…

Ce monde qui sans crier gare vous tabasse et dépasse l’entendement,  

Ce monde  qui fait du zèle à réfléchir lentement …, mais pas vraiment !

Ce monde qui prône les sens interdits et les ronds-points,

Ce monde qui tourne, tourne, tourne, tourne en rond …et point ?

Ce monde-là…

Je le survis, je l’anoblis, pour faire comme cela et puis comme si …

Je fais des concessions, et je m’anesthésie, en croyant naïvement ne pas en faire partie,

Pour consoler mes rêves d’enfant et garder l’espoir en l’hymne à la vie !

Puis j’aperçois…

Un bout de ciel bleu qui s’esquisse, est-ce une hallucination ? Un dernier sursis ?

Ces individus qui troquent le costume trois pièces pour une cape d’activiste,

Ces résistants qui humblement négocient sans faillir  à la peur qui les piste.

La peur de ne plus ressentir à leur tour d’émerveillement à la lueur du soleil,

La peur de ne plus fermer les yeux sans être envahit par toutes ces ignominies.

Je tremble…

Du Nord au Sud, de l’est à L’ouest, de Paris à Alep ! Je suis perdu !

Des colombes à la noirceur, de la vie à l’obscurantisme !  Je suis vivant !

Ma boussole à un foutu  mal de terre mais elle lutte vigoureusement,

Pure de son ambition d’amour à rassembler nos pommes quasi fichues.                  

Et puis…

Je suis bien incapable de ressentir ton désespoir,

Il semble si vain que je n’en supporterais le choc,

Il est si injuste que je ne peux ni l’intégrer, ni le croire,

Il est si insoutenable que certains s’en débarrassent.

Comme si …

Comme si, tu n’étais que l’ombre d’un fantôme,

Comme si, ta vie n’était pas d’or mais de toc,

Comme si tu étais une contrefaçon, un jeu de geek :

Paf, Paf, Paf, Plouf, Plouf, Plouf, Toc, toc, toc…

…. Boom !

Game Over ?

Non, levons nous …

Prenons les manettes, les commandes, les rennes du petit roi,

Ne soyons plus leurs girouettes saltimbanques à bout de foi,

Levons les poings sans les frapper, haussons nos voix sans hurler,

Faisons plier la haine des différences, et apprenons à les aimer !

Nous sommes ici…

Pas seulement ici pour être là, mais là pour être ici,

Ici pour être avec vous, avec eux, en paix, sans compromis.  

Ici pour vivre ensemble, tous ensembles et unis !

Unis…

Même dans les passages les plus affolants de nos vies,

La paix doit s’exclamer, doit grimper les montagnes,

Sortir des précipices, lutter pour protéger l’humanité,

User de courage, de rage d’amour pour faire l’impossible…

Alors…. allons- y !

Nina Solal.